Le deuxième match de groupe de l’Angleterre s’est terminé par la frustration habituelle mardi, alors qu’un Ghana déterminé a absorbé tout ce qu’on lui a opposé et est reparti avec un point qui maintient le Groupe L totalement ouvert. Ce résultat a prolongé une tendance préoccupante pour les Three Lions : lors de chacun des trois grands tournois précédents, l’Angleterre n’avait pas réussi à gagner son deuxième match. Harry Kane avait soulevé cette question précise dans le vestiaire avant le coup d’envoi, exhortant ses coéquipiers à briser ce cycle.
Ils n’y sont pas parvenus. Malgré l’élan d’une victoire convaincante 4-2 sur la Croatie lors du premier match du Groupe L, l’Angleterre a livré une prestation laborieuse et sans inspiration face à un Ghana qui n’avait aucun intérêt pour le ballon et tout l’intérêt du monde à maintenir son organisation. Le coup de sifflet final a apporté un soulagement plutôt qu’une célébration — un point acquis, mais les questions se multipliant.
Le match nul n’était pas catastrophique. L’Angleterre reste en lice et a au moins évité la défaite qui l’aurait placée sous pression immédiate. Mais la prestation a ravivé des doutes familiers quant à sa capacité à démanteler un bloc bas discipliné, et Thomas Tuchel sait qu’il faudra faire considérablement mieux.
Le plan défensif du Ghana sous Carlos Queiroz
Le Ghana est arrivé à ce match avec un nouvel entraîneur. Carlos Queiroz a pris les rênes fin mars et c’était seulement son quatrième match à la tête de l’équipe. L’Angleterre disposait de peu de footage à analyser, mais les instincts tactiques de Queiroz étaient immédiatement reconnaissables : une structure compacte en 4-5-1, une prise de risque minimale et une consigne claire de céder la possession sans s’en excuser.
Les Black Stars ont exécuté le plan avec discipline et conviction collective. Leurs supporters, loin d’être découragés par l’absence d’ambition offensive, ont réservé à leur équipe un accueil tonitruant à la mi-temps et à nouveau au coup de sifflet final. Le Ghana n’a enregistré que deux tirs en quatre-vingt-dix minutes — et s’en est montré parfaitement satisfait. Sa mesure du succès était la vitesse et l’organisation de son travail défensif.
Queiroz donnait l’impression que la possession était un luxe qu’il était prêt à céder volontiers. L’Angleterre pouvait avoir le ballon ; le Ghana aurait la structure. Cela s’est avéré une équation difficile à résoudre.
Les difficultés tactiques de l’Angleterre face au bloc bas
Tuchel avait évoqué avant le match l’idée de retrouver l’énergie de la seconde période contre la Croatie — le rythme, le mouvement, la précision dans le dernier tiers. Rien de tout cela ne s’est concrétisé. Le jeu de passes de l’Angleterre était lent et prévisible, ses déplacements manquaient de la vivacité nécessaire pour désorganiser une ligne défensive compacte, et ses changements de côté arrivaient trop tard et de manière trop prévisible.
Noni Madueke évoluait sur le couloir droit, mais revenait constamment en arrière plutôt que d’attaquer son vis-à-vis, ce qui convenait parfaitement au Ghana. Sa priorité défensive était de garder l’Angleterre devant lui à tout moment, et les Anglais s’y sont largement prêtés. La première pause hydratation — accueillie par de forts sifflets du public — est arrivée alors que l’Angleterre n’avait presque rien à montrer pour sa domination du ballon.
L’atmosphère était humide et difficile, le genre d’occasion qui met à l’épreuve le caractère d’une équipe autant que sa qualité. La préparation de l’Angleterre dans la chaleur de la Floride ne les avait pas préparés à ce défi particulier.
Occasions tardives et frayeur sur penalty
Tuchel s’est tourné vers ses remplaçants au fil du match, et deux de ses options offensives ont failli briser l’égalité. Bukayo Saka a contraint le gardien ghanéen Benjamin Asare à une parade basse, tandis que Nico O’Reilly a heurté la barre transversale d’une tête après que l’Angleterre eut enfin commencé à faire circuler le ballon avec un peu d’urgence. Le centre venait de Reece James et, sur le rebond, Kane a frappé avec puissance — mais a envoyé le ballon bien au-dessus de la barre depuis une position qu’il aurait normalement dû convertir.
Dans le temps additionnel, Marc Guéhi a repris un coup de pied arrêté et sa tête semblait destinée au but avant d’être dégagée à proximité de la ligne. L’Angleterre avait créé ses meilleures occasions trop tard pour qu’elles comptent.
Le moment d’anxiété le plus significatif est survenu à la 79e minute, lorsque le remplaçant ghanéen Prince Kwabena Adu s’est retrouvé seul et qu’Ezri Konsa s’est jeté dans un duel à l’intérieur de la surface. Le contact était ambigu, Konsa semblant toucher son adversaire, et les protestations du Ghana étaient véhémentes. L’arbitre a accordé le bénéfice du doute au défenseur, une décision qui a préservé le match nul.
Implications dans le Groupe L et la suite des événements
Le match nul laisse le Groupe L finement équilibré. L’incapacité de l’Angleterre à gagner son deuxième match prolonge une série qui s’étend désormais sur quatre tournois consécutifs — les nuls contre l’Écosse et le Danemark lors du Championnat d’Europe, le match nul contre les États-Unis lors de la précédente Coupe du Monde, et maintenant celui-ci. L’avertissement d’avant-match de Kane n’a pas été entendu.
Tuchel devra trouver des solutions avant le prochain match de l’Angleterre. La victoire sur la Croatie a démontré ce dont cette équipe est capable lorsque le tempo est bon et le mouvement fluide. Contre le Ghana, ces qualités ont été absentes pendant de longues périodes. L’accent mis par le sélectionneur sur ses remplaçants offensifs — ses soi-disant finisseurs — a failli porter ses fruits, mais failli ne suffit pas à ce niveau.
Le Ghana, de son côté, tirera une satisfaction considérable d’un résultat qui le maintient bien vivant dans le groupe. L’approche pragmatique de Queiroz a livré exactement ce qu’il demandait, et ses joueurs l’ont mise en œuvre avec conviction. Si cette approche peut les soutenir tout au long du reste de la phase de groupes reste à voir.

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