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Le Cap-Vert stupéfie à nouveau l’Uruguay et garde son rêve mondial intact

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Publié: 22.06.2026 Mis à jour: 15.09.2026

Les Requins Bleus du Cap-Vert ont encore frappé. Dans un match palpitant du Groupe H de la Coupe du Monde 2026 disputé à Miami, cette petite nation insulaire de l’Atlantique — dont la population ne dépasse pas celle d’une ville européenne de taille moyenne — a tenu en échec l’Uruguay de Marcelo Bielsa sur le score de 2-2, secouant le tournoi pour la deuxième fois en une semaine. Ce résultat laisse les ambitions mondiales de l’Uruguay suspendues à un fil.

Après avoir empêché l’Espagne de s’imposer lors de leur premier match, le Cap-Vert est arrivé en Floride avec élan et conviction. Leurs adversaires, quant à eux, avaient trébuché face à l’Arabie Saoudite lors de leur précédente sortie et avaient désespérément besoin d’une prestation convaincante. Ce qui suivit fut tout sauf cela.

Pina entre dans l’histoire avec le premier but du Cap-Vert en Coupe du Monde

Le moment décisif du match survint peu après la 20e minute. Kevin Pina se prépara à frapper un coup franc à environ 28 mètres du but, et ce qui se passa ensuite restera gravé dans les mémoires. Le mur à deux joueurs s’écarta inexplicablement, laissant un couloir par lequel le tir puissant de Pina passa devant un Fernando Muslera tétanisé. Le gardien expérimenté de l’Uruguay n’eut pas le temps de se repositionner, et le ballon finit au fond des filets — le premier but du Cap-Vert dans l’histoire de la Coupe du Monde.

Le moment prit une dimension encore plus émouvante avec l’image d’Ana Candida Evora célébrant dans les tribunes. La mère du gardien cap-verdien Vozinha avait dû surmonter de sérieux obstacles financiers pour obtenir son visa et assister au tournoi à Miami, rendant sa présence lors de cet événement historique encore plus précieuse. Sur le banc, le sélectionneur Bubista — vêtu d’un jean bleu et d’un t-shirt — éclipsait à tous égards le légendaire Bielsa.

L’Uruguay réagit, mais le Cap-Vert refuse de s’incliner

L’Uruguay répondit avec urgence, et les dernières minutes de la première période s’avérèrent décisives. La tête de Rodrigo Bentancur dévia sur Sidny Cabral avant de heurter le poteau, puis le ballon retomba dans la surface de réparation, où Maximiliano Araújo — le milieu du Sporting — était parfaitement placé pour pousser le ballon au fond et égaliser à 1-1. La manière du but fut heureuse, mais elle rétablit temporairement l’ordre pour les Sud-Américains.

La seconde période apporta son lot de rebondissements : l’Uruguay reprit l’avantage, mais le Cap-Vert répondit par l’égalisation que la rencontre méritait. Tout au long du match, Garry Rodrigues fut une menace permanente sur le flanc, sa technique et son accélération explosive mettant régulièrement Guillermo Varela en difficulté. Cabral inquiéta également avec une tentative spéculative de loin qui contraignit Muslera à une parade délicate. Le Cap-Vert ne se contentait pas de défendre — il rivalisait d’égal à égal.

Bielsa reconnaît le désordre tandis que l’Uruguay joue son va-tout contre l’Espagne

L’atmosphère dans le camp uruguayen après le match était tendue. Bielsa, visiblement frustré et soumis aux questions acérées d’une presse locale irritée, n’esquiva pas l’autocritique. « L’équipe était très désorganisée », admit le technicien de 70 ans. « Nous attaquions en nous exposant à encaisser en fin de match. Nous aurions pu gagner, et nous aurions tout aussi bien pu perdre. » Il fut tout aussi direct sur le tableau d’ensemble : « Sans aucun doute, l’Uruguay dispose d’un effectif plus fort que le Cap-Vert — mais cela doit se montrer sur le terrain. »

Les enjeux du dernier match de groupe de l’Uruguay face à l’Espagne ne pourraient être plus élevés. Bielsa a qualifié le défi de « gargantuesque » et a confirmé que le défenseur Ronald Araújo resterait indisponible en raison d’une blessure. Le Cap-Vert affrontant l’Arabie Saoudite le même jour, l’Uruguay doit impérativement s’imposer et espérer que les résultats lui soient favorables.

Le conte de fées du Cap-Vert se poursuit — et la qualification est à portée de main

Pour Bubista et ses joueurs, l’ambiance était à la confiance tranquille plutôt qu’à la liesse débordante. « Nous sommes venus ici pour nous battre et poursuivre un nouveau rêve — atteindre le deuxième tour », déclara le sélectionneur. « Nous en sommes maintenant au point où nous pouvons dire avec conviction que nous allons nous battre pour la qualification. » Avec trois points en deux matchs et un dernier adversaire abordable, ce rêve n’a plus rien d’utopique.

Le Cap-Vert est devenu l’histoire incontestable de cette Coupe du Monde. Une nation aux ressources modestes et aux infrastructures footballistiques limitées a présenté une équipe alliant qualité technique et solidité mentale hors du commun. Les Requins Bleus naviguent dans des eaux bien plus profondes que celles qu’ils ont jamais connues — et ne donnent aucun signe de vouloir couler.

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